lundi 16 mai 2016

Harcèlement sexuel


Naître fille n'a pas que des avantages dans cette société dirigée par les mâles.   J'en ai fait l’expérience dès mon plus jeune âge lorsque j'avais dix ans.

Je ne m'étendrai pas sur ces moments traumatisants déjà racontés dans mon récit "La Providence".

A ma sortie du couvent, comme un garçon,  j'ai un peu bourlingué. 
Puis j'ai épousé un beau gars, au début il était sympa mais, vous savez ce que c'est l'habitude, à force c'est moche, il me disait que je n’étais finalement pas belle que j'avais des grosses jambes et puis surtout que j’étais bête comme mes pieds, ce qui ne l’empêchait pas de me sauter dessus de préférence le matin.

Lorsque j'en parlais avec mes collègues de boulot elles me répondaient presque toutes que chez elles ça marchait comme ça ! Que pour avoir la paix, elles ouvraient les cuisses.
Moi j'ai fini par divorcer !

Puis pendant quelques années,  j'ai travaillé et  voyagé... 
Dans un avion qui m'emmenait en Inde, via l'Afghanistan, alors que je dormais un homme s'est couché sur moi, j'ai hurlé, par chance  l'avion était plein de journalistes (c’était l’époque du débarquement Russe sur le sol Afghan.) Le gars m'a laissée tranquille.

A Paris, je prenais le métro assez tôt pour aller travailler, et régulièrement dans le coin d'un couloir de correspondance, je croisais des hommes quéquettes à l'air.
Avec mon amie Véronique on passait à coté en disant "ho ! qu'elle est petite !". 

Toujours avec Véronique lors d'une virée Paris / Saint-Malo en stop, elle à coté du conducteur et moi à l'arrière de la voiture on a réussi à faire stopper la voiture, le gars qui se tripotait en conduisant nous a laissées en pleine campagne.

Un jour que je me faisais raccompagner de la patinoire (par l'ami d'un ami)... il a pris un chemin et j'ai vraiment eu peur, je me suis débattue  j'ai réussi à m'enfuir...

Je n'ai plus jamais fait de stop et j'ai gardé la trouille au ventre, même encore à présent, quand je me retrouve seule dans une voiture ou dans un ascenseur avec une personne que je ne connais pas. 

J'ai rencontré un gentil musicien j'ai eu deux enfants (une fille et un garçon) années bonheur puis, nous nous sommes quittés.

Nous avons emménagé les enfants et moi dans un petit village en face de la maison d'un homme qui vivait seul.
J'ai connu un harcèlement permanent, des sifflements, des remarques salaces et après plusieurs plaintes (mairie, conciliateur) il a fini par changer de rue. 

Dans ce même village alors que j'attendais mon fils, dans ma voiture la vitre ouverte il faisait beau j'avais mis une jupette, un homme a passé son bras et a mis sa main violemment entre mes jambes. J'ai déposé plainte à la gendarmerie et le soir même l'homme était embarqué pour une garde à vue.
Le Maire m'a convoquée pour que je retire ma plainte et la femme du sadique est venue chez moi en pleurant alors... j'ai retiré ma plainte.
Dans la Dépêche du Midi un journaliste avait pondu un article qui commençait comme ça : "un villageois n'a pas pu résister aux jolies rondeurs d'une villageoise" ...

J'ai déménagé à Toulouse avec mon fils à présent adulte et grand, très grand...  
Le concierge de la résidence a commencé à faire le paon et quand il a sonné chez moi une fois de trop avec une excuse bidon mon fils a ouvert en souriant et lui a dit : - "Vous voulez que je vous casse la gueule ?" ...




 

          


   

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